19e colloque de l'AEDDHUM : de Gênes à Fukushima, perceptions et gestions du risque

Mercredi 14 mars, 13h30

Face à la norme

Président de panel : Philippe Généquand

Entre le Droit et la Grâce. Analyse d’une supplique adressée à la Pénitencerie apostolique pendant le Schisme d’Avignon

Alexia Ballard, Histoire, Université de Montréal

Pourquoi l’avancement d’une carrière ecclésiastique, au début du XVe siècle, peut-elle nécessiter l’octroi de dispenses ? C’est à partir de cette problématique que nous entendons analyser une source, c’est-à-dire une supplication adressée par Gilles Vrieleghem à la Pénitencerie apostolique en date du 16 mai 1411. Cette lettre fut rédigée à la suite du concile pisan, à la déposition des deux autres pontifes, Pedro de Luna et Angelo Correr et à l’élection d’un nouveau pape, Martin V. Le changement d’obédience de son diocèse force l’impétrant à s’adresser à la Pénitencerie pour s’assurer de la validité de ses dispenses précédemment autorisées et pour garantir la jouissance sereine de ses bénéfices.
L’usage de l’expression «peut nécessiter » est une nuance importante. Tous les candidats pour la cléricature ne doivent pas être forcément dispensés s’ils ne contreviennent pas au droit canon. Ce « flottement », qui implique un certain risque pour l’impétrant de perdre la possession de ses bénéfices, sera étudié à travers le cas de Gilles Vrieleghem. Ce dernier est considéré comme irrégulier, conséquence de sa naissance illégitime. Nous allons éclairer, avec l’exemple de ce prêtre et d’autres clercs, la nécessité pour toute personne irrégulière en vertu du droit canon d’obtenir des dispenses. Celles-ci sont obligatoires si le candidat souhaite accéder à la cléricature ou gravir les échelons hiérarchiques.

Pourquoi les Nubiens sont-ils noirs? Justification des préjugés envers les étrangers dans les textes antiques

Raphaël Weyland, Histoire, Université de Montréal

Les textes anciens demeurent, malgré les progrès fulgurants de l’archéologie et de certains sciences auxiliaires comme l’épigraphie ou la numismatique, nos sources principales pour la connaissance de l’Antiquité. Il est cependant nécessaire de ne pas les lire au premier degré, sans réaliser qu’ils proviennent d’un ensemble culturel totalement différent du nôtre. Les préjugés et les sous-entendus de ces textes forment une riche mine d’informations qu’on ne peut exploiter qu’en les étudiant adéquatement. Partant de ce constat, cette présentation porte sur les principaux critères utilisées par les sources antiques pour expliquer les différences entre les peuples (l’alimentation, la géographie, les ancêtres, l’éloignement de la civilisation, etc.), cette présentation se sert de la figure de l’Oriental, figure extrêmement importante dans l’imaginaire et la littérature gréco-romains, pour donner un exemple des préjugés des Grecs et des Romains à l’égard d’autres peuples ainsi que la manière dont certaines explications de ces variations peuvent prendre le pas sur d’autres. Cette présentation montre d’autre part que ces préjugés sont changeants et que certains peuples (les Parthes par exemple, sauvages des steppes et orientaux mollassons) peuvent être l’objet d’une interprétation mixte.