Jeudi 15 mars, 13h00
Risque et engagement artistique
Présidente de panel : Denyse Baillargeon
Hubert Gendron-Blais, Science politique, UQÀM
La notion de risque occupe une place fondamentale dans les créations artistiques soucieuses des manifestations politiques qui les bordent, les transforment et qu'elles engendrent. Il s'agira en ce sens de comprendre le risque à travers les rapports qui viennent lier esthétique et politique, en faisant du même coup appel à la philosophie, à la sociologie, aux communications et à l'histoire. Dans cette perspective, le risque sera d'abord abordé sous ses dimensions intersubjectives: risque d'affronter le chaos, risque de destruction sans bornes, voire même d'autodestruction, mais aussi risque d'égocentrisme et d'incompréhension. Par la suite, une attention soutenue sera accordée au risque inhérent au hasard, à l'imprévisibilité constitutive des effets politiques de l'œuvre: risques de récupération, d'instrumentalisation propagandiste ou pédagogique, etc. Ainsi, nous tenterons de voir, à travers cette exploration sommaire, en quoi le risque vient périlleusement lier art et communication, et donc comment une compréhension des risques encourus en art comme en politique peut contribuer aux diverses démarches d'émancipation.
Benoît Mélançon, professeur invité à l'UQÀC, centre NAD
Avec le remplacement grandissant du scénarimage par l’infographie 3D comme outil privilégié dans la préparation logistique de la production d’un film, le réalisateur profite désormais d’un déplacement créatif dans le temps et l’espace afin de donner forme à sa vision créatrice hors des contraintes traditionnelles du plateau de tournage. Toutefois, il apparaît que cette nouvelle prévisualisation, tout en favorisant la liberté de l’artiste, peut également potentiellement la restreindre, notamment en se transformant en instrument de contrôle au service des instances de production et de distribution dudit film.
Au-delà d’une mise en contexte historique, ce postulat sera illustré par des exemples récents de productions filmiques américaines, ainsi que par le rôle grandissant joué par les entreprises hollywoodiennes spécialisées en prévisualisation 3D. Il sera notamment question du caractère interdisciplinaire de la prévisualisation moderne au sein de la structure de production filmique, et comment la réutilisation des métadonnées infographiques entre les différents intervenants du projet, en plus de confirmer la faisabilité du tournage, assure la conformité à la vision du réalisateur (et du producteur) tout en limitant parfois la participation créative des artisans au produit final qu’est le film.
